La pêche pratiquée à Palu est adaptée au cycle de vie des espèces qui fréquentent l’étang, et au rythme de leurs allées et venues entre la lagune et la mer.

De même qu’il utilise a piattina (la plate), bateau à fond plat, long et étroit, manoeuvré avec des rames, une perche ou un petit moteur, qui est adapté à la faible profondeur de l’étang, le pêcheur de Palu se sert d’engins étudiés pour piéger le poisson dans ses allées et venues :

  • la bordigue (u chile), installation fixe, composée de pieux d’aulne maintenant un barrage de roseaux que l’on utilise pour exploiter les déplacements saisonniers des poissons entre l’étang et la mer. Les bordigues sont démontées au mois de février pour permettre aux poissons venant de la mer d’entrer dans l’étang ; elles sont remises en place début juin.
  • des filets, pareils à ceux utilisés en mer. Dans l’étang de Palu - comme dans les autres étangs littoraux -, ces filets ne sont pas très hauts (à peine 1 mètre). Le filet le plus couramment utilisé est la paradière (i ritonni ou e pantanne, selon les régions), filet à nappe simple disposé en barrage, maintenu vertical au moyen d’échalas ou de pieux enfoncés dans la vase ou le sable. La paradière est utilisée du mois d’octobre au mois de mars. Les principales espèces qu’elle permet de capturer sont les anguilles mais aussi les loups, les mulets, les sparaillons, les marbrés...
  • à ces filets, on adjoint des verveux (u ritonu), sortes de nasses, très longues, en filets montées sur des cerceaux, de bois, de plastique ou de métal, qui emprisonnent le poisson.

    Anguilles, loups et mulets sont pêchés dans l’étang. Ce dernier poisson est prisé pour la qualité de sa chair, mais surtout pour ses oeufs à l’origine de la traditionnelle poutargue (a buttaraga). L’étang de Palu fournit l’essentiel de la production insulaire de ce produit, principalement exporté vers l’Italie.